Logo MUSIVA : un M en mosaïque et la signature « Assembler les compétences, créer du sens »

Prologue

Ce que dit le nom

Musiva. Le terme latin exact de la mosaïque murale — opus musivum. L'art de prendre des fragments disparates, de les tailler, de les assembler avec soin jusqu'à ce qu'ils forment une image cohérente, lisible, durable. Une image qu'aucune pièce seule n'aurait pu faire exister.

Ce nom n'a pas été choisi au hasard. Il a été trouvé en cherchant ce que Samir Chikhi fait réellement depuis 30 ans — pas le titre sur une carte de visite, pas la liste de services sur un site web. Ce qu'il fait dans le fond, dans la chair des organisations et des territoires qu'il traverse. Et la réponse est toujours la même : il assemble.

Il prend des pièces qui ne se parlaient pas — une collectivité et ses agents, un organisme de formation et le référentiel Qualiopi, une association et son modèle économique, un territoire et ses ressources — et il les taille, les ajuste, les pose l'une contre l'autre jusqu'à ce que l'ensemble tienne et fasse sens.

La racine — 1979 à 2008

Le scoutisme, ou apprendre à faire grandir les autres

Avant le premier poste, avant le premier budget à défendre, il y a trente ans d'éducation populaire. C'est là que tout se joue.

En 1979, Samir entre chez les Éclaireurs de France, mouvement de scoutisme laïque. Il y restera dix ans. On y apprend des choses qu'aucune école de management n'enseigne : que la responsabilité se confie tôt et pour de vrai, que le collectif décide, que l'on apprend en faisant — et qu'un adulte qui accompagne ne se met jamais au centre.

En 1991, il est cofondateur des Scouts Musulmans de France. Rédiger un projet éducatif, écrire des statuts, monter les premières unités, convaincre des familles et des institutions : à 20 ans, il fait déjà ce qu'il fera plus tard pour des associations et des collectivités — donner une structure viable à une intention.

1979 – 1989

Éclaireurs de France. Dix années dans un mouvement laïque d'éducation populaire.

1991

Cofondateur des Scouts Musulmans de France : projet éducatif, statuts, premières unités.

1995 – 1999

Commissaire général adjoint des SMF, chargé de la formation et du développement national.

2006 – 2008

Président des Scouts Musulmans de France.

Entre 1995 et 1999, comme commissaire général adjoint chargé de la formation et du développement national, il conçoit et anime les parcours de formation des cadres et des animateurs du mouvement. De l'ingénierie pédagogique, à grande échelle, quinze ans avant d'en faire un métier facturable. Puis, de 2006 à 2008, il en devient président.

Le référentiel Qualiopi ne lui a rien appris sur la qualité d'une formation. Il lui a seulement donné un vocabulaire pour la prouver.

Voilà pourquoi, quand une association cherche son modèle économique, quand une collectivité veut former ses agents, quand un organisme de formation doit démontrer la qualité de ses parcours, il ne découvre pas le sujet : il y a passé sa jeunesse. Un adhérent, une voix — le principe qui gouverne aujourd'hui le tiers-lieu Le Génie n'est pas une trouvaille de consultant. C'est un réflexe de scout.

Acte I — 1997 à 2020

Le terrain avant tout

Tout commence à Montauban, dans les quartiers. Pas dans un cabinet d'affaires, pas dans une école de management. Dès 2003, Samir est chargé de mission ANRU à la Communauté d'Agglomération Montauban Trois Rivières : il pilote le renouvellement urbain, crée la clause d'insertion, œuvre sur 11 communes pour que les habitants aient une place dans les chantiers qui transforment leur propre territoire. Ce n'est pas de la théorie. C'est du béton, du social, de l'humain.

2001–2009

Directeur adjoint de la Régie de Quartier Montauban Services — 700 000 € de budget, 43 personnes.

2009–2012

Directeur de la Régie de Quartier Bellefontaine à Toulouse — structure ESS de 1,1 M€, 55 salariés.

2016–2018

Chargé de mission Fonds LEADER au PETR Garonne Quercy Gascogne — animation de 140 communes.

2019–2021

Directeur Général des Services de la mairie de Grisolles — budget de 4,2 M€, 72 agents.

Il apprend à tenir une organisation fragile, à défendre des budgets impossibles, à garder du sens dans des contraintes qui écrasent. Il apprend que la solidarité sans rigueur meurt vite, et que la rigueur sans solidarité ne vaut rien.

Tout cela, c'est le terreau. Ce n'est pas un curriculum vitae — c'est une géologie. Des couches d'expériences qui se superposent et forment progressivement un regard particulier : celui de quelqu'un qui a été dedans, qui a piloté, décidé, raté et recommencé, et qui peut maintenant regarder une organisation de l'extérieur avec les yeux de quelqu'un qui en a vécu toutes les mécaniques de l'intérieur.

Acte II — 2020 à 2024

La création du cocon : CCFA

En 2020, Samir crée CCFA — Chikhi Conseil Formation Audit. Le nom dit ce que c'est : fonctionnel, technique, professionnel. Il dit le contenu, pas l'âme. C'est volontaire, au départ — le marché institutionnel dans lequel il opère attend des signaux de sérieux, pas de poésie.

Et CCFA tient ses promesses. Audit Qualiopi : 100 % de réussite au premier passage. Samir connaît le référentiel de l'intérieur pour avoir lui-même été auditeur certificateur. Il ne vend pas de la conformité : il partage une connaissance intime de ce que cherche l'auditeur — la nuance qui fait la différence entre une non-conformité évitée et un chantier de six mois.

Ingénierie de formation, évaluation ESSMS, bilan de compétences, management de transition, développement territorial, DLA Occitanie : six domaines d'expertise, 4,2 M€ de budgets pilotés, 55 personnes managées.

Mais quelque chose manque. CCFA est un cocon : il protège, il produit, il délivre. Ce qu'il ne dit pas, c'est pourquoi.

Il ne dit pas que derrière les audits il y a quelqu'un qui croit que la qualité dans la formation n'est pas une contrainte réglementaire mais un outil d'émancipation. Il ne dit pas que derrière le développement territorial il y a quelqu'un qui pense que les territoires ruraux et les villes moyennes méritent une expertise aussi pointue que les métropoles. Il ne dit pas les valeurs — l'ESS comme philosophie de vie, l'inclusion comme posture professionnelle permanente, la co-construction comme méthode et non comme slogan.

Acte III — 2025 à 2026

La tesselle décisive : la naissance du Génie

Tout est parti d'une visite de bureau. Samir n'avait pas prévu de créer un tiers-lieu : il venait simplement louer un bureau. Le propriétaire de l'immeuble lui a expliqué qu'il cherchait en réalité à louer l'ensemble du bâtiment, puis a dit une phrase qui a tout changé :

« Je vous fais confiance, faites-le. »

Ce moment est plus important qu'il n'y paraît. Ce n'est pas une opportunité immobilière — c'est une révélation. Un homme fait confiance à Samir pour porter quelque chose de plus grand que lui. Et Samir, au lieu de chercher une raison de dire non, cherche comment dire oui.

Il contacte Marcelle et Andrea — deux entrepreneures à un tournant. Les deux répondent la même chose : si c'est toi qui portes ça, on fonce. Voilà la première pièce de la mosaïque posée. Pas un projet solo, pas une décision unilatérale : une co-construction dès la première heure.

Dans les statuts et le règlement intérieur, ils reprennent un principe des SCOP : un adhérent, une voix. Quatre familles d'animations structurent la vie du lieu — écouter les usages et les besoins, partager les expériences et les idées, améliorer les espaces, décider ensemble des règles.

Le Génie s'installe au 12 rue du Génie, à 200 mètres de la gare SNCF de Montauban : 12 espaces, 300 m² modulables, accessibles PMR, avec des salles qui portent les noms de celles et ceux qui ont cru que le monde pouvait être différent — Louise Michel, Olympe de Gouges, Maria Montessori, Aimé Césaire, Célestin Freinet, Jean-Jacques Rousseau.

Les premiers locataires arrivent par le bouche-à-oreille : France Nature Environnement, une entreprise individuelle, une entrepreneuse qui teste son activité un jour par semaine, Mobicoop — coopérative ESS nationale de l'autopartage. Quatre profils, quatre façons d'être dans le monde professionnel. Quatre tesselles qui forment déjà quelque chose.

Acte IV — 2026

L'éclosion : MUSIVA

MUSIVA n'est pas une rupture avec CCFA. C'est son accomplissement.

CCFA a prouvé que l'expertise technique est réelle : 30 ans de terrain, 100 % de réussite Qualiopi, des missions de management de transition opérées en 48 h, des projets LEADER sur 140 communes. Cette légitimité ne disparaît pas. Elle devient le socle visible sous un nom qui, enfin, dit aussi l'âme.

Ce que nous faisons

Former, auditer, conseiller, concevoir des outils numériques pour les collectivités, accompagner les créateurs d'entreprise et les associations à impact. Des pièces très différentes, intentionnellement assemblées — parce qu'une collectivité qui veut former ses agents a besoin du même regard que celle qui cherche à digitaliser ses services.

Ce que nous sommes

Un acteur de l'ESS qui a dirigé des structures exigeantes, pas un idéologue qui n'a jamais géré une masse salariale. Ancré dans un territoire — Montauban, le Tarn-et-Garonne, l'Occitanie — pas un consultant parachuté depuis Paris avec des slides génériques.

Ce que nous croyons

Que les organisations publiques, associatives et sociales méritent une expertise aussi sophistiquée que les grandes entreprises privées. Que la formation n'est pas une case à cocher mais un levier de transformation. Que la mosaïque est plus solide que le monolithe : quand une pièce se fissure, les autres tiennent.

Épilogue

Pourquoi ce nom colle à la peau

Le musivum romain assemblait des matières hétérogènes — pierre, verre, céramique, or — pour créer des œuvres qui ont traversé les siècles. Ce n'est pas la noblesse d'un matériau unique qui les a rendues durables : c'est la précision avec laquelle chaque pièce a été taillée et posée.

Samir ne vient pas d'un seul monde. Il vient du scoutisme et du secteur public, de l'ESS et du Tarn-et-Garonne, de l'Europe et de la direction opérationnelle, de l'ingénierie pédagogique et de la politique locale, du raï algérien et des bijoux touareg. Il a appris le langage des collectivités, des auditeurs certificateurs, des porteurs de fonds LEADER, des directions d'associations médico-sociales, des entrepreneurs en phase d'amorçage — et, bien avant tous ceux-là, celui d'une patrouille d'adolescents à qui l'on confie une responsabilité réelle.

MUSIVA, c'est tout cela assemblé. Pas une liste de compétences. Une œuvre en cours.

12 rue du Génie, 82000 Montauban.
Le mortier a déjà pris. Les pièces sont en place. L'image commence à apparaître.

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